LES BASES DE LA NEUROBIOLOGIE DU TDAH
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Jan K. Buitelaar
Dennis van der Meer
Jennifer Richards
in : Guide pour le TDAH. Fédération mondiale pour le TDAH.
Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental fréquent, apparaissant souvent entre 6 et 12 ans. Bien qu’intensivement étudié, il reste mal compris dans sa neurobiologie, présentant une grande hétérogénéité aux niveaux biochimique, cognitif, structurel et fonctionnel.
1. Neurochimie et métabolisme
- Dopamine : La dopamine régule l’attention, la cognition et les fonctions exécutives. Des dysfonctionnements dans les circuits dopaminergiques, notamment au niveau du striatum et des récepteurs de la dopamine, sont associés au TDAH. Les médicaments comme le méthylphénidate agissent en augmentant la disponibilité de la dopamine.
- Noradrénaline : Impliquée dans la mémoire de travail et le contrôle inhibiteur, elle interagit étroitement avec la dopamine dans le cortex préfrontal.
- Sérotonine : Elle joue un rôle dans l’inhibition et la régulation émotionnelle. Son implication dans le TDAH reste moins claire, mais elle pourrait moduler les comorbidités.
- Glutamate et autres neurotransmetteurs : Le glutamate est impliqué dans la plasticité et la communication neuronale. Des altérations glutamatergiques pourraient contribuer aux symptômes du TDAH.
2. Cognition
- Le TDAH est caractérisé par des déficits dans les fonctions exécutives (inhibition, mémoire de travail, planification), la variabilité des réponses et une sensibilité accrue aux récompenses. Ces déficits sont hétérogènes entre les individus et peuvent être influencés par des altérations cérébrales spécifiques.
3. Neuroimagerie
- IRM structurelle : Réduction du volume cérébral global et de régions clés comme le striatum, le cervelet et le cortex préfrontal. Ces altérations sont souvent plus marquées chez les enfants et s’atténuent avec l’âge.
- IRM fonctionnelle : Dysfonctionnements dans les circuits fronto-striataux et fronto-pariétaux, impliqués dans l’attention et l’inhibition.
- Réseau en mode par défaut (RMD) : Une activité altérée dans le RMD interfère avec la transition entre l’état de repos et les tâches actives.
4. Hétérogénéité et perspectives
- Le TDAH est un trouble multifactoriel, influencé par des interactions complexes entre génétique et environnement.
- Les résultats de recherche montrent des variations importantes entre individus atteints de TDAH, soulignant la nécessité d’une approche personnalisée.
- L’avenir des recherches vise à identifier des biomarqueurs et des sous-types biologiques (biotypes) du TDAH pour améliorer le diagnostic et les traitements.
En conclusion, bien que des progrès aient été réalisés dans la compréhension des mécanismes du TDAH, l’absence de biomarqueurs spécifiques et l’hétérogénéité du trouble compliquent l’intégration des découvertes à la pratique clinique. Une approche intégrative combinant génétique, cognition et neuroimagerie est nécessaire pour affiner notre compréhension.
Bibliographie
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